Société

ÉDITORIAL : Le défi existentiel

Si l’élection présidentielle du 29 juillet prochain n’arrivait pas à se tenir, le pays déjà fragilisé par la crise sécuritaire, risque d’aller à l’aventure. Et l’histoire retiendra que c’est Soumeylou Boubèye Maïga, qui a la manette du gouvernement au moment où cette situation se présente. Cela devient une belle opportunité pour le chef du gouvernement pour marquer à jamais le parcours du pays en inversant la tendance. Il s’agit de faire en sorte que ce risque d’aventure soit conjuré en trouvant un véritable modus vivendi avec toute la classe politique. Car c’est l’existence même du Mali qui est en jeu !

Cela ne se fera pas simplement au niveau du cadre de discussions en place au ministère de l’Administration territoriale ou du comité d’experts piloté par ce département. C’est Soumeylou Boubèye Maïga lui-même qui doit prendre à bras le corps les appréhensions des uns et des autres pour définir un minimum acceptable dans la perspective de la prochaine présidentielle.

Jusqu’à preuve du contraire, des questions se posent sur la faisabilité d’un scrutin présidentiel (dans quatre mois) avec des zones du pays interdites d’accès aux forces administratives et politiques. Comment se fera dans la quiétude la campagne électorale dans des contrées comme Kidal, Tenenkou, Youwarou, Ansongo, Gossi, Douentza, Kouakourou, etc ? Comment aller à ce scrutin présidentiel après une relecture de la loi électorale, un audit du fichier électoral dans un délai aussi court, alors le processus de mise en œuvre de l’Accord est à l’arrêt ? Quid de la confection et la distribution des nouvelles cartes d’électeurs ? Quid du processus DDR ?

Ce sont là des sujets de discussions autour desquels le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga doit rapidement convier ses interlocuteurs des différentes chapelles politiques et de la société civile afin de se donner des idées. Car, il y a aujourd’hui une course contre la montre difficile à gagner.

Jouissant de l’estime de l’écrasante majorité de la classe politique, le chef du gouvernement, en véritable Laurent Dona Fologo malien, a cette chance de convaincre ses interlocuteurs sur le minimum vital pour le pays. Il marquera ainsi des points substantiels par rapport à la tenue a minima du scrutin présidentiel pour redynamiser le processus de sortie de crise. Ce, d’autant que tous les acteurs reconnaissent avec lui que sans l’élection présidentielle à la date indiquée, le Mali va droit au mur, qu’à Dieu ne plaise ! Soumeylou Boubèye Maïga a donc un véritable défi existentiel du pays à relever et il le peut, pour peu qu’il s’en donne tous les moyens. N’a-t-il la réputation d’homme des missions difficiles ? N’a-t-il pas tous les dossiers sensibles de la République pour prêcher la carotte et le bâton? En réussissant ce pari, SBM se donnera une étoffe déterminante pour… l’après-IBK.

Bruno D SEGBEDJI

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