Société

LES POIDS MORTS DU GOUVERNEMENT #MALIEN : Rokia Maguiraga et Nango Dembélé, des ministres fantômes

Ils sont ministres de la République mais sans en posséder aucun attribut. Ils sont sans existence propre, sans autorité. Ils sont noyés sous le poids des dossiers de leurs départements et sont condamnés à ne faire que de la figuration. Passés maîtres dans la fanfaronnade, ils tentent de se donner un peu de contenance en se montrant plus royalistes que le roi lui-même et n’hésitent pas à verser dans l’abusif. Dépassés par les réalités des Maliens mais dotés d’une imagination débordante, ils ont trouvé des accessoires pour voir la vie en rose : les lunettes fumées. Presque tous en portent. Incapables de regarder l’insupportable misère qui les entoure et pas courageux de fixer les Maliens dans le blanc des yeux. Nous nous intéressons aujourd’hui à deux d’entre eux, Kane Rokia Maguiraga et Nango Dembélé, respectivement ministre de l’Agriculture et ministre de l’Elevage et de la Pêche.

Rokia Maguiraga, ministre de l’Elevage et de la Pêche, bombardée à ce poste à la faveur de l’événement du gouvernement SBM, elle croule sous le poids du département où tout est urgent. A sa nomination, elle pensait pouvoir s’en sortir sans grandes difficultés pour avoir servi comme Conseiller technique dans ce département pendant longtemps. Après les festivités de sa nomination, elle s’est réveillée au milieu des dossiers brulants sur sa table. Son manque de tact et de casting, lui a fait nommer des personnes peu compétentes autour d’elle pour l’épauler. Elle a appris à ses dépends qu’être une bonne Conseillère technique chargée de dossier est une chose. Gérer les humeurs et les problèmes d’un sous-secteur aussi sensible que l’Elevage et la Pêche en est une autre.

Dépassée par les événements, Rokia Maguiraga a trouvé des solutions pour soulager non seulement les éleveurs qui sont presque en rébellion et les partenaires sociaux sur le point de prendre de transformer son sommeil en cauchemar. Notre téméraire ministre dalle et pédale comme elle peut mais rien ne bouge. Dame Maguiraga comme solution pour ne pas perdre la face devant ses employeurs s’est mue dans la fanfaronnade. Friande de bazin ‘’Getzner’’, elle rivalise de couleur de bazin et de couture. Elle est presque parvenue à transformer le département en scène de défilé de mode. Madame le ministre aime comme qu’on lui dise qu’elle est bien habillée le matin. Cela lui tire un large sourire et ce récompense par un grand ‘’merci’’. En attendant, qu’elle finisse d’écouter les laudateurs et de mirer dans la glace de son armoire, le mois pieux du Ramadan (période de forte consommation) pointe à l’horizon et les acteurs de la bétail-viande sont sur leur pied de guerre. Invisible sur le terrain, elle n’est pas même pas capable d’imiter son prédécesseur à ce poste qui au moins montait les couleurs nationales chaque matin. A ce jour, le ministre Maguiraga n’a pris aucune initiative dans le sens de l’apaisement des acteurs. Malgré la fanfaronnade dans laquelle, elle s’est versée, le prochain réaménagement technique du gouvernement risque d’avoir raison d’elle. Elle risque de partir comme elle est venue.

Nango Dembélé, un ministre hanté

Le second poids mort du gouvernement que nous vous rapportons est le Dr. Nango Dembélé, tout puissant ministre de l’Agriculture. Un miraculé des chamboulements des différents gouvernements du régime IBK, Nango Dembélé ne mesurait pas la lourdeur de la tâche qui l’attendait quand on lui a proposé ce portefeuille. Auréolé par son maintien dans le gouvernement, il a été vite désabusé et forcé à revenir sur terre. Nango Dembélé invisible, incolore et inodore dans le milieu rural. Il a fallu faire le point sur l’état de la campagne agricole 2017-2018 pour qu’il se rende compte de la mauvaise production de la campagne. L’une des récoltes les plus mauvaises de l’histoire du Mali, s’accordent à dire tous les acteurs. Malgré cela, notre ministre qui ne veut pas perdre la face devant le président IBK est tombé dans l’excès. C’est ainsi qu’il annoncé des chiffres mirobolants dont il est le seul à connaitre le secret. Il fut vite rattrapé par la réalité lorsque les partenaires techniques et financiers ont annoncé plus de 4 millions de Maliens en situation d’insécurité alimentaire. Le ministre Nango s’est vite ressaisi, il a tenté de noyer le poisson dans les toilettes de son bureau. Il sort un nouveau discours de sa chemise pour annoncer que « la campagne agricole est globalement, avec des poches de sécheresse ». Comme les faits sont têtus, il n’a pas d’autres alternatives que de regarder la situation en face. Il était tellement hanté par les chiffres, car il s’est toujours voulu rassurant auprès de son patron d’IBK. Mais regard de la déliquescence de la situation alimentaire, il n’avait plus le choix que d’affronter les chiffres et le regard du chef. Il a tout tenté. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le Conseil national de l’Agriculture n’a jamais pu se tenir à date. De report en report, il a fini par se tenir le 25 avril dernier à Ségou. Comme le mensonge n’a pas une longue vie, il a peiné à trouver les mots à mettre sur les chiffres ajustés et rajustés à présenter devant le président du Conseil supérieur de l’Agriculture.

Il pense que ce dernier n’a pas compris le petit manège et le petit tour de passe-passe qui conduit à ses chiffres. IBK sait que depuis sa nomination, Nango s’est transformé en ministre de bureau au lieu de terrain. Friand des salons feutrés et de l’air conditionné, il ne peut aller se salir dans les rizières de Ségou ou de Sikasso sous un soleil de plomb. Conscient que son prédécesseur fut congédié pour les mêmes raisons, notre brave ministre des paysans s’est converti en militant dévoué du RPM. C’est ainsi, qu’il a même transformé le site internet officiel de son département en instrument de campagne pour le RPM où tous les matins, il chante et loue les efforts du président IBK pour le monde rural. Aux dernières nouvelles, il ne dormirait plus que d’un œil. Car, il n’est pas encore rassuré que les chiffres tronqués, présentés à IBK, l’ont convaincus ou non.

En attendant, son sort qui se décidera s’il doit rester dans l’attelage gouvernemental ou pas, l’homme est descendu dans la brousse de son Yorosso natal.

Ces deux ministres occupent des portefeuilles stratégiques dans le gouvernement, mais leur incompétence fait boiter l’action gouvernementale que le Premier ministre veut très efficace.

Harber MAIGA

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